Avaler Hawaï en 250 km : les septs jours d’épreuve de Valérie Gagné

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Photo : Hawai’i Life Photography & Media

« Oh my, oh my, que ce n’était pas facile, mais ô combien je suis fière de ce que j’ai accompli! » Ainsi parle la jeune coureuse Valérie Gagné, 24 ans, qui revient tout juste de sa dernière épreuve : Mauna To Mauna, à Hawaï.

Mauna To Mauna, c’est une course de 250 km qui s’échelonne sur plus de sept jours. Elle se fait en autonomie presque complète. « Il n’y a que les tentes qui sont fournies, ainsi que l’eau aux points d’apprivoisement, que l’on retrouve à tous les 15 km », explique Valérie.

De la pluie en quantité

« La première nuit, une portion de ma tente a été inondée par la pluie et mon sac de couchage a été complètement trempé », raconte Valérie.

Lors de ces premières journées froides et pluvieuses, il a donc été impossible de faire sortir l’humidité de son sac de couchage. « À la fin de la journée, tous les autres coureurs savouraient le moment de mettre des vêtements secs et de se coucher au chaud, sauf moi qui devait subir l’humidité tout la nuit », se souvient-elle.

Autre problème : certains propriétaires ont refusé de laisser passer les coureurs. « Il y a eu des changements de parcours, car certains sentiers n’étaient plus accessibles, explique Valérie. On a donc fait 6700 mètres de dénivelé au total », au lieu des 4000 prévus.

L’adaptation à l’altitude a été particulièrement difficile pour l’étudiante en enseignement de l’éducation physique. « La quatrième journée, nous avons dépassé les 3000 mètres d’altitude. Pendant 15 km de montées abruptes, j’ai été prise de vomissement, sans doute autant à cause de l’altitude que de l’effort que je devais déployer. C’était vraiment difficile ».

Outre la météo et l’altitude, la surface des sentiers était en soi une véritable épreuve. « On a eu beaucoup plus d’asphalte que ce que je pensais, de très longues sections puis, quand on entrait dans les sentiers, c’était de gros caillou volcanique, tout le temps, sans arrêt, dit Valérie. Je ne suis même plus capable de voir une roche. »

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Hawai’i Life Photography & Media

Des calories en moins

Pour respecter les règles de la course en autonomie, les candidats doivent transporter nourriture, vêtement et sac de couchage pendant les sept jours de l’événement.

« Mon sac faisait environ 20 livres au départ, dit Valérie. Je trouvais que c’était beaucoup trop. J’ai donc jeté environ 1 kg de nourriture, ce qui ramenait mon alimentation à environ 2000 calories par jour. »

C’est un choix qui s’est avéré payant. « J’ai eu assez de nourriture, surtout considérant que j’ai été malade et que l’effort m’a souvent coupé l’appétit. Ç’a été un bon choix dans mon cas ».

Au menu : gruau, pomme de terre en poudre et nouille ramen. « C’est important de tester son alimentation avant la course. Je me suis assurée que je pouvais tolérer ce menu plusieurs jours d’affilés. J’ai vu des coureurs qui avaient des repas déshydratés et qui n’en pouvaient plus après seulement deux jours », explique Valérie.

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Hawai’i Life Photography & Media

Une fin difficile

Les journées froides et pluvieuses ont brusquement fait place à la chaleur, ce qui a déclenché chez elle des troubles gastro-intestinaux aigus. « Le médecin de la course m’a fait prendre deux Imodium, sauf que ça m’a donnée des crampes très douloureuses », dit-elle.

En conséquence, sa dernière journée de course a été la plus difficile. « Impossible de courir avec mes crampes. J’ai fait les 47 km de la dernière étape à la marche. C’était terriblement long, environ huit heures, explique-t-elle. J’ai perdu tous les efforts, tous les gains que j’avais accumulés les autres journées. J’étais vraiment déçue. »

Elle reste encore stupéfaite de sa capacité à vaincre les distances jour après jour. « J’ai eu beaucoup d’ampoules, c’était douloureux de courir, les distances étaient grandes, le dénivelé important. Mais, chaque matin, je trouvais l’énergie pour repartir. Je n’en reviens pas de la capacité du corps humain. »

Des liens exceptionnels

Malgré une fin crève-cœur, Valérie est encore transportée par son aventure. « Ce que j’ai le plus aimé, ce sont les liens avec les autres coureurs, des gens qui avaient tous un profil d’aventurier. On se ressemblait beaucoup », dit-elle.

C’est un groupe qu’elle a particulièrement apprécié. « On a partagé les mêmes tentes, des repas, on a vraiment développé des liens très forts avec tout ce qu’on a vécu ensemble », explique-t-elle. Des liens suffisamment forts pour qu’elle projette de revoir certains des participants.

Dans quelques jours, elle part pour l’Ouest canadien afin d’y travailler tout l’été. « Si j’ai le temps, je vais participer à quelques courses dans l’Ouest, autrement, ça risque d’aller en septembre lors de mon retour au Québec. J’ai vraiment hâte. »

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