Un record Guinness et une course de 250 km en deux semaines pour Sébastien Roulier

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Sébastien Roulier en train d’explorer les ruines grecques d’Athènes – Photo : Sébastien Roulier

Après avoir battu un record Guinness au Marathon de Montréal ce weekend, le Sherbrookois Sébastien Roulier est en route pour le Spartathlon, une course de 250 kilomètres qui rejoint la capitale hellénique à Sparte. Distances+ lui a parlé, alors qu’il terminait ses valises pour la Grèce.

L’athlète de 44 ans a à peine eu le temps de savourer son record : 3 heures 1 minute et 24 secondes pour terminer les 42 kilomètres en duo, avec Marie-Michelle Fortin, assise dans son fauteuil roulant.

Le binôme a franchi la ligne d’arrivée, surpassant de 30 minutes l’ancien record Guinness du marathon le plus rapide en duo adulte. Sébastien Roulier poussait le Kartus. Sa copilote, elle, n’a eu qu’à se laisser porter, puisque le Guinness n’autorise pas la personne en fauteuil roulant à utiliser ses bras pour pousser.

« Ça peut paraître un handicap, mais ça me donne un plus. Je pense moins à mes pas. C’est une manière pour moi d’offrir à quelqu’un un marathon », explique le pédiatre intensiviste.

Marie-Michelle avait déjà fait une première course en binôme avec Sébastien Roulier : un demi-marathon à Lévis, terminé en 1 h 30 et déjà un record Guinness. « C’est là que j’ai réalisé que certaines personnes n’ont pas les jambes, mais le mental. J’ai décidé de lui offrir mes jambes pour qu’elle puisse vivre la course comme n’importe quel coureur », dit Sébastien.

Sébastien Roulier et Marie-Michelle Fortin à leur arrivée au Marathon de Montréal - Photo : Facebook
Sébastien Roulier et Marie-Michelle Fortin à leur arrivée au Marathon de Montréal – Photo : Facebook

En route pour la Grèce

À peine remis de son marathon, Sébastien Roulier s’apprête donc à renfiler ses baskets pour fouler le sol grec, afin de retracer le parcours de Phidippidès, un messager athénien envoyé à Sparte pour demander de l’aide lors de la bataille de Marathon.

« On a 36 heures pour terminer le Spartathlon, qui se déroule en grande partie sur route, avec un court passage dans les montagnes. Il y a un taux de 25 à 30 % d’abandon, 75 % quand il fait très chaud », détaille le marathonien qui se fixe comme objectif de finir l’épreuve en 25 à 30 heures.

Il se sent prêt. Cela fait quelque temps qu’il travaille à allonger les distances en participant notamment à différentes courses du genre, comme le Sri Chinmoy ultras d’Ottawa.

À son arrivée en Grèce, Sébastien Roulier compte bien profiter de son temps libre avant le jour J pour voir la ville, sans oublier de s’entraîner. « J’irai visiter Athènes et je rentrerai à l’hôtel en courant », dit-il.

Un historique de coureur

L’ultra-marathonien a toujours été un grand sportif. Il a notamment fait le tour de la Gaspésie à vélo, en partant de la Rive-Sud de Montréal. En 1999, lorsqu’un ami termine un marathon, il se rend compte que la discipline lui est accessible, alors qu’il est plutôt un coureur du dimanche.

« Je faisais déjà 15 kilomètres, alors le demi-marathon ne m’intéressait pas. J’ai décidé d’y aller pour le marathon», raconte-t-il.

Il termine l’épreuve à Québec, en 3 h 36. La frénésie de la course a commencé à le gagner : des distances toujours plus longues, dans un temps toujours plus court… Au fur et à mesure, il participe à des championnats internationaux.

Aujourd’hui, il court en moyenne 6000 kilomètres par an.

Pour s’améliorer, Sébastien Roulier se lance des défis. Comme celui de monter et descendre le mont Orford le plus de fois possible en 24 heures.

Ou encore celui de gravir les 48 plus hauts sommets du New Hampshire. « Au total, j’ai fait 375 kilomètres, étalés sur 11 jours, pour un dénivelé positif de 25 000 mètres en 87 heures de course », dit-il.

Le Spartathlon débute vendredi. Au bout, le dernier pas qui permettra à Sébastien Roulier de franchir la ligne d’arrivée sera celui qui le dirigera vers un nouveau défi.

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