Hélène Michaux et Alister Gardner représentent dignement le Québec à la TransVulcania

TRANSVULCANIA - ALISTER GARDNER - HELENE MICHAUX
Alister Gardner et Hélène Michaux en reconnaissance d’avant-course sur l’île de La Palma, aux îles Canaries, à l’occasion de la TransVulcania 2018 – Photo : Alister Gardner

15 mai 2018 – Les champions québécois Alister Gardner et Hélène Michaux ont démarré leur saison de courses en sentier en trombe lors de l’ultra-marathon de la TransVulcania, aux îles Canaries, en Espagne. Hélène a signé un top 20 et Alister un top 50 sur près de 2000 coureurs en dépit d’un niveau international très relevé.

Le parcours roi de la TransVulcania, tracé sur les chemins très techniques de l’île de Palma, s’étend sur 74 km pour 4350 m de dénivelé. « C’est un mélange entre la North Face Endurance Challenge de San Francisco, une course en altitude dans les Alpes et une course dans une région tropicale, a résumé Alister. Je n’ai jamais vécu une si belle expérience. »

« Cette course, c’est un spectacle permanent sur 360 degrés, avec la mer de chaque côté, a ajouté Hélène. C’est toujours beau. Tu vois les îles au loin, le paysage change tout le temps, et le sol aussi. Parfois, c’est de la pinède, parfois c’est de la lave rouge, parfois c’est du sable, parfois des pavés… »

« 18 km de descentes particulièrement infâmes »

Hélène Michaux a terminé à une superbe 17e place. Elle espérait courir en 10 h-10 h 30, mais elle a rapidement constaté que la technicité du parcours ne lui était pas assez favorable. « Moi, à la base, je ne me considère pas très technique, affirme-t-elle. Je ne cours que depuis 2013. Au début, j’avais peur en descente par exemple. Quand je perdais des places, c’était en descente. C’est toujours le cas, même si j’ai l’impression de m’être quand même améliorée. » Elle a passé la ligne d’arrivée après 11 h 10 de course, à la 231e place au général.

Ce qui a pu faire la différence, sur la TransVulcania, c’est son expérience de la Pierra-Menta, qu’elle a courue l’été dernier en duo avec son amie Rachel Paquette. Elles avaient décroché une exceptionnelle troisième place. « Ça m’a aidé moralement pour avancer, explique-t-elle. Tu sais que c’est dur de faire plus de 2000 m de dénivelé en une fois, mais que ça va passer. » Ceci dit, le pire, ça n’a pas été les montées, mais les « 18 km de descentes particulièrement infâmes » sur la fin. Elle a notamment évoqué les roches et les « espèces de pavés mal coupés du Moyen Âge. On est tout le temps en déséquilibre. Il n’y a jamais un moment où t’es tranquille. Il faut toujours rester vigilant. Mais là encore, ça fait mal physiquement, mais mentalement, ça tient. »

« Je suis partie le matin avec un énorme mal aux trapèzes, j’ai même remis en question ma course un moment mais j’ai travaillé sur moi, a ajouté la championne qui s’entraîne du côté de Bromont. Je n’ai pas eu de super sensations physiques, mais je suis quand même contente. »

Alister et la chaleur

« Les 50 premiers kilomètres (sur 74) se sont vraiment bien passés, pour Alister Gardner, qui craignait par dessus tout la chaleur. Je suis bien parti. À 6 h du matin, il ne faisait pas trop chaud. On a grimpé pendant une heure et demie dans la nuit jusqu’à un premier sommet à 2200 m d’altitude, puis on est redescendus à 1300 m dans les nuages. Il faisait super bon, c’était parfait pour moi. Vers 11 h du matin, on est remontés à 2400 m. À partir de là, même en altitude il faisait chaud. Dans la descente qui a suivi, j’avais l’impression que la température augmentait à chaque centaine de mètres. C’était devenu un gouffre et avec la fatigue – parce que la descente a duré deux heures et demie -, j’ai souffert. Quand tu as cinq heures de course dans les jambes, la chaleur, c’est dur, j’ai perdu beaucoup d’énergie. Mais avant cela, j’étais vraiment bien, j’ai même couru pendant un bout avec Ida Nilsson qui a gagné la course chez les femmes (en 8 h 40). Dans cette phase finale plus tough pour moi, j’ai peut-être perdu une dizaine de places. »

Au dessus des nuages, lors de la TransVulcania 2018 - Photo : CanoFotoSports
Au dessus des nuages, lors de la TransVulcania 2018 – Photo : CanoFotoSports

« Sur le premier 50 km, je suis vraiment satisfait, dit-il. Avec cette expérience, je sais que si je le refais, je pourrai faire mieux. Par exemple, les quatre heures de montées, je les prendrai plus relax, pour pouvoir garder de l’énergie pour la fin. Ça donne le goût de refaire une course comme ça en Europe. »

Alister et Hélène ont pu constater l’écart de niveau entre les coureurs en sentier nord-américains et les Européens. « À la même époque l’an dernier, on faisait un podium 100 % québécois sur le 50 miles de Bear Mountain, et là, je termine 48e overall. Pour performer, il faut avoir la capacité de pratiquer sur des parcours comme celui-là… »

Alister a bouclé la course en 9 h 13, pas très loin de l’un des meilleurs ultra-traileurs américains Jason Schlarb (8 h 55). C’est l’Espagnol Pere Aurell Bove qui a remporté la compétition en 7 h 37. Des athlètes comme les Français Xavier Thévenard – qui a remporté toutes les courses de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc – et Michel Lanne – vainqueur entre autres de la TDS 2017 -, ne sont même pas sur le podium.

L'Espagnol Pere Aurell Bove, vainqueur de la TransVulcania 2018 - Photo : Transvulcania
L’Espagnol Pere Aurell Bove, vainqueur de la TransVulcania 2018 – Photo : TransVulcania

« Ambiance fou raide »

Ce qui a marqué les deux athlètes québécois, c’est surtout l’ambiance de la course. « C’est comme à l’UTMB, mais partout tout au long du parcours. Je n’ai jamais vu ça de ma vie. Toute l’île est là pour nous encourager, s’enthousiasme Alister.

« L’ambiance est fou raide, confirme Hélène. Chaque ravito c’est comme si c’était l’arrivée. Tu cours en montée alors qu’en temps normal tu marcherais. Et il y a des gens partout. Il y a des moments tu demandes comment ils ont fait pour se loger là. »

On pourra retrouver Hélène Michaux dans le mois à venir au Trail de la Clinique du coureur, où elle devrait être raisonnable et s’élancer sur le 30 km plutôt que sur le 50 comme prévu initialement, le 75 km du Québec Méga Trail et la CCC dans les Alpes.

Alister Gardner consacrera sa saison estivale au sentier avant de retourner sur la route. « Je vais être là sur le 50 km du Trail de la Clinique du coureur, au Québec Méga Trail, peut-être à la Trans-Vallée et sur la CCC. Ensuite, je pense participer au Marathon du Yorkshire, au Royaume-Uni, en octobre et au Marathon de Philadelphie en novembre. »