De bons vieux routiers du trail québécois participent au Tor des Géants

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Richard Turgeon, Éric Deshaies, Benoit Létourneau et Guy Doiron – Photo : courtoisie

Quatre amis de l’Outaouais, vieux routiers du trail, s’apprêtent à prendre part au Tor des géants, avec ses 330 km et ses 24 000 m de dénivelé positif, qu’ils doivent compléter en moins de 150 h, à compter de vendredi. Distances+ a parlé à Benoit Létourneau, Éric Deshaies, Guy Doiron et Richard Turgeon, qui n’en sont pas à leur première aventure commune.

« J’ai vraiment hâte », dit Richard Turgeon. « Ça fait longtemps que je veux faire ça. La semaine passée, j’ai regardé la vidéo du Tor de 2018 et j’avais le poil hérissé sur les bras et les larmes aux yeux! J’ai réalisé que je l’ai dans les tripes et que je veux vraiment y aller. »

Ce n’était pas dans les plans pour tout le monde, dit pour sa part Guy Doiron « Richard et Éric en parlaient beaucoup, mais moi le 100 miles, c’est ma distance favorite. »

Pour sa part, Benoit Létourneau essaie depuis trois ans d’être sélectionné par le mystérieux Lazarus Lake pour faire la Barkley Marathons. « Le Tor va me permettre de postuler sur la course, en espérant que ça va aider », dit-il, même si les critères du fameux Laz sont un peu obscurs.

Éric Deshaies y va en mode « plaisir ». Tout juste remis d’une blessure lors du 100 miles de Cruel Jewel en mai passé – il a couru 140 km avec les deux gros orteils cassés – il ne veut pas prendre de chance et empirer sa situation. « Mon départ était en suspens. Je ne suis pas au niveau où j’aurais voulu être, mais mon but est de finir. »

Outre ces quatre amis, qui courent régulièrement ensemble, notamment sur l’UTMB et la Moab 240, quelques autres Québécois vont affronter le Tor des Géants, dans les Alpes italiennes, au nord-ouest du pays, faisant le tour complet de la Vallée d’Aoste. Il s’agit de Martine Marois et de Danny Landry (qui l’a complété l’an dernier) et d’Yvan L’Heureux, qui vient tout juste de compléter un autre ultra  du genre, l’Euforia, en Andorre.

Le Québécois Alexandre Genois participe quant à lui à une autre épreuve de l’événement, le Tor des Glaciers, qui fera l’objet d’un reportage distinct sur Distances+.

Une longue préparation

Les quatre comparses en compagnie d'Yvan L'Heureux, Danny Landry et Martine Marois dans un refuge - Photo : courtoisie
Les quatre comparses en compagnie d’Yvan L’Heureux, Danny Landry et Martine Marois dans un refuge – Photo : courtoisie

Pour ce préparer à cette longue épreuve, Guy, Éric, Benoit et Richard se sont notamment entraînés dans les Adirondacks et les White Mountains cet été. « On est une belle gang et on a une bonne chimie, dit Richard. On a un objectif commun et ça fait des mois qu’on passe des fins de semaine ensemble. On s’entraide beaucoup et on échange de l’information. »

« On est quatre gars pas mal du même calibre, ça va être une course assez excitante », dit pour part Guy. Éric ajoute qu’il aime les courses où les quatre participent, sans pour autant courir tous ensemble.

Les amis vont se retrouver avant la course pour passer du temps en altitude. « On se rejoint au refuge Torino, en haut de Courmayeur, à 3300 m. On va rester là 3-5 jours pour s’acclimater à l’altitude », explique Benoit.

Éric a pris un peu d’avance pour aller encourager sa conjointe Lyzane Trépanier qui a pris le départ de l’UTMB il y a quelques jours, ainsi que pour s’entraîner et s’acclimater avant l’arrivée de ses comparses.

Plan de course similaire

Benoit Létourneau et Guy Doiron à l'entraînement - Photo : courtoisie
Benoit Létourneau et Guy Doiron à l’entraînement – Photo : courtoisie

Les coureurs sont unanimes : leur « plan A » est de terminer leur course. « Une fois le départ donné, c’est vraiment chacun son événement et on le fait à notre propre rythme, dit Benoit. On va s’entraider dans la mesure du possible, mais on a chacun notre stratégie pour arriver au but le plus vite et le mieux possible ».

Sur une course de cette longueur, les coureurs risquent de se disperser assez vite.

Guy dit qu’à la fin de l’UTMB l’année passée, il avait eu des problèmes aux pieds. « C’est un immense défi, il va falloir gérer mes pieds. J’ai peur qu’ils enflent à nouveau, mais c’est une course beaucoup plus longue, il va y avoir plus de ˝power hiking˝, plus de repos. »

La gestion du sommeil

« Je ne dors jamais dans les 100 miles, alors je ne devrais pas dormir la première nuit, mais les nuits suivantes », mentionne Guy.

Éric, quant à lui tolère très bien de courir de nuit, entre autres grâce à son métier. « Je suis physiologiste du sommeil et je travaille de nuit. Je suis habitué de gérer, de jouer beaucoup avec mon sommeil. »

Benoit a une stratégie différente. « Je suis partisan de dormir la première nuit. Après avoir fait plusieurs courses sur plusieurs jours, j’ai réalisé qu’un cycle de sommeil est de 1,5 heure, donc je vais dormir par multiples de 1,5 ou 3 heures », dit-il.

Richard est du même avis. « Je vais essayer de dormir la nuit le plus possible, dans les refuges ou les bases de vie, pour probablement une dizaine d’heures en tout. »

Le fait de se reposer va leur permettre d’avancer à un bon rythme et d’être alertes pour les passages plus techniques.

L’après-course

Le groupe espère finir un peu avant le temps limite afin de pouvoir se parler de leur périple autour d’un bon repas. « C’est extraordinaire d’avoir du monde à qui en parler, qui comprend la course », dit Éric.

Bien que le Tor des Géants est l’aboutissement de longs mois d’entraînement et de planification, la vie continue. Les quatre amis ont plusieurs courses en tête avec des noms qui reviennent souvent, comme la Western State, la HardRock ou encore Tahoe Lake.

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