Swiss Peak : les 360 kilomètres de « vacances » d’Hélène Dumais

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Hélène Dumais – Photo : courtoisie

À compter de dimanche, l’athlète québécoise Hélène Dumais participera à la course de 360 km de la Swiss Peak, la plus longue des six épreuves offertes par l’événement, qui peut prendre jusqu’à six jours à compléter. Ce parcours est réputé magnifique et très rigoureux, avec un dénivelé positif de 25 550 m.

D’autres Québécois prennent part à cette compétition dans les Alpes suisses, dont Anne Bouchard, Emmanuelle Dudon, Vincent Houle, Jeff Pelletier et Daniel Legresley.

Quelques jours avant son départ pour l’Europe, c’est la voix étonnamment calme qu’Hélène parlait de sa participation à Distances+.

De son propre aveu, depuis sa participation à l’Infinitus 888, une course de 888 km au Vermont qu’elle est la première et seule femme à avoir réussi à ce jour, il n’y a pas grand-chose qui parvient à lui faire sentir autant de papillons dans le ventre.

La Swiss Peak n’est donc pas un projet qui l’énerve tant que ça! « C’est plus un entraînement », lance-t-elle.

En vue de quoi?

Un mystérieux projet

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Photo : Swiss Peaks

« J’ai un projet en tête. Ce serait fin janvier. Et ça m’excite à un haut niveau, mais… je n’en parle pas encore au cas où la situation empêche que j’y participe », explique Hélène.

Gagnée par l’enthousiasme, elle rajoute quand même que « ce n’est même pas une course, c’est plutôt un challenge. C’est plus mon genre, pas très connu, mais difficile en termes de distance, rapidité, autonomie complète. »

« J’ai besoin d’être stimulée au niveau logistique, explique Hélène. C’est en partie pour ça que j’ai décidé de laisser ma job à temps plein au gym aux États-Unis et de revenir au Québec. Pour me concentrer sur le développement d’une fondation qui créerait, entre autres, des aventures pour aider des causes humanitaires et environnementales. Pour courir avec un objectif. »

Un enthousiasme fébrile la gagne, alors qu’elle donne les grandes lignes de ce projet qui n‘apporterait pas seulement de la visibilité, mais des changements.

« Je veux arriver à faire une différence dans le monde avant que je meure. Je travaille beaucoup là-dessus dans ma tête quand je cours. Un tel projet me nourrirait. Je n’ai plus l’attirance de courir juste pour une médaille. »

En quête de quelque chose de plus grand qu’elle, la Swiss Peak lui permettra, durant toutes ces heures, de penser à ces idées. « C’est là où je pense le mieux », explique Hélène.

Car il est important pour Hélène de toujours identifier la raison qui la pousse à participer à une course, ce que ça représente dans sa vie.

Philosophie relaxe, mais compétitive

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Photo : Swiss Peaks

La Swiss Peak 360, elle le voit donc comme « de belles grosses vacances ». « Et c’est mon genre de vacances de toute façon. Ce qu’il y a de bien cet événement-là, c’est que le parcours est marqué, ce n’est pas de l’autonomie complète, alors t’as juste à courir. Contrairement aux évènements qui m’attirent plus, où c’est en autonomie complète, où le parcours n’est pas marqué et où il y a de la navigation. »

Elle part donc sans équipe et sans plans, et compte décider au fur et à mesure de sa stratégie. Le parcours ne l’inquiète pas. En Europe, de façon générale, la technicité se trouve dans le dénivelé plutôt que dans le parcours lui-même, qui est souvent dénué des racines et de boue  comme au Québec, dit-elle.

Hélène assure qu’elle compte partir « relaxe », mais qu’elle n’y va quand même pas pour faire de la photo.

« Je vais toujours tout donner. Quand je fais quelque chose, j’y vais à fond. Je me donne. »

« Lors de longs évènements comme celui-ci, c’est encore plus vrai, dit-elle. Tu es en compétition avec toi-même. Les autres, ça te pousse un peu, mais tu te concentres à survivre. Tu ne compétitionnes pas contre les autres participants au début. »

Hélène reste silencieuse quelques instants avant de reprendre d’une voix plus mordante : « Mais la dernière journée, là, tu prends des risques, tu pousses. »

« Je vais partir et tout donner, car c’est ma course avant tout, c’est mon expérience avec moi-même dans ces superbes montagnes, mais vers la fin, je vois où je suis rendue, ce qui se passe sur le parcours. Est-ce que je peux m’amuser à courser d’autres coureuses, et si c’est le cas, allons-y ! »

Elle revient bientôt à son projet, dont elle semble avoir plus envie de parler. Elle veut rester sur la scène des compétitions, car elle aime les gens, la communauté et les sentiers.« J’aime tout ça. Mais mon cœur, lui, a besoin de plus. J’ai hâte de développer mon idée. »

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