Sarah Bergeron-Larouche : la saison des ultras de 80 km

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Sarah Bergeron-Larouche lors du Trans Vallée 2017 – Photo : Olivier Mura

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Sarah Bergeron-Larouche a l’esprit très occupé en ce moment, avec notamment les examens qui marquent la fin de ses études en chiropractie et ses plans d’avenir auxquels elle doit réfléchir. En conséquence, le calendrier 2018 de l’athlète féminine Distances+ 2017, habituée aux victoires, tarde à se préciser. Mais il faudra encore compter sur elle cette saison, qui devrait être marquée par son implication sur des formats de courses en sentier de plus en plus long.

Une page presque blanche

« Il n’y a rien de précis pour l’instant, a-t-elle indiqué à Distances+. Beaucoup de choses m’intéressent, notamment une course au Colorado, une course à étapes où on doit parcourir 40 km par jour pendant cinq jours. J’aimerais aussi faire une course de la Golden Trail Series de Salomon. Je pense que je suis rendue là. »

Le budget lui impose toutefois de faire des choix. Ambassadrice de la marque Salomon, elle se trouve privilégiée d’être fournie en matériel, mais les billets d’avion, elle doit les assumer. « J’aimerais trouver des moyens pour aller [courir à l’extérieur du Québec] », confie-t-elle.

Si son calendrier est une page presque blanche pour l’instant, la seule activité qui est vraiment programmée cette saison est justement en blanc : le Pentathlon des neiges. Elle sera comme d’habitude l’une des athlètes à surveiller.

Augmentation de la distance  avant de penser performance

En 2018, Sarah a l’intention de s’attaquer à des courses de 80 km. « Présentement, 50 km est ma distance préférée, mais pour monter au niveau international, il faut que j’augmente mes distances », est-elle convaincue.

Celle qui monte sur le podium course après course n’a toutefois pas d’objectifs de performance tout de suite en commençant. « Wow, ce n’est pas le but, dit-elle en riant. Je vais d’abord devoir apprivoiser la distance, une chose à la fois. » Sur cette nouvelle distance, elle retrouvera son amie et modèle Annie Jean.

Sarah Bergeron-Larouche et son amie Annie Jean lors du North Face Endurance Challenge de San Francisco 2016 - Photo courtoisie
Sarah Bergeron-Larouche et son amie Annie Jean lors du North Face Endurance Challenge de San Francisco 2016 – Photo courtoisie

L’athlète de 30 ans se qualifie de raisonnable. Elle gère ses entraînements et sa progression pour éviter les blessures et la fatigue mentale. « J’ai vu des athlètes en arriver là et je ne veux pas que ça m’arrive. J’aime bien trop la course! »

Entraînement en mode multisports

Pour parfaire sa préparation physique et aider à prévenir les blessures, Sarah diversifie les activités. « Je profite de l’hiver pour faire autre chose. J’alterne la course avec le ski de fond, le skimo que j’ai commencé récemment, et même du vélo stationnaire et du patin en vue du Pentathlon. »

Même si elle court relativement moins, elle suit avec discipline le plan d’entraînement que lui prépare son copain. « Mathieu le fait depuis deux ans et ça va très bien », se félicite-t-elle. Au programme : des longues sorties en ski les fins de semaine, de la course à pied incluant des intervalles deux fois par semaine, et de la musculation, pour un total de 15 heures d’entraînement hebdomadaire.

Sarah dit se sentir en forme en ce début d’année, mais concernant la course précisément, elle n’ose pas se prononcer. « Tant que je n’ai pas de feeling de course dans les trails, je ne peux pas dire où j’en suis. Je verrai au printemps », a-t-elle ponctué prudemment.

En solo

L’athlète élite aime courir à plusieurs, mais sa réalité est toute autre. « Je m’entraîne pas mal toute seule depuis 3 ans, dit-elle. Je suis très occupée, alors je m’entraîne quand je peux et je ne réussis pas à rejoindre des groupes. »

Elle se concentre donc sur les avantages de s’entraîner en solo. « J’apprends mieux à me connaître, quand je dois boire, manger, etc. Puis, on est souvent seuls pendant les courses, avec des ups and downs qu’il faut gérer, alors je trouve que c’est une belle préparation. »

Cela dit, elle partage la passion du sport et la motivation de son amoureux, alors ils vont souvent s’entraîner en même temps… chacun de leur côté! Lui en vélo et elle à la course l’été. L’hiver, ils font du ski de fond tous les deux, mais « Mathieu est plus fort que moi et je suis toujours au-dessus de ma zone. Je ne peux pas toujours m’entraîner comme si c’était une course. »

Motivation à toute épreuve… ou presque

Est-ce que quelque chose vient à bout de la motivation de Sarah Bergeron-Larouche? Oui, le froid, déplore-t-elle.

« J’avoue que ça détruit un peu ma motivation. Quand il fait plus froid que – 20, je trouve ça dur de m’entraîner. J’ai le syndrome de Raynaud*, et c’est intense cette année. Je dois faire très attention. » Des propos que Sarah tient avec son éternelle voix enjouée.

*Trouble de la circulation sanguine au niveau des doigts, des orteils, du nez et des oreilles qui est aggravé par le froid.