Mike Néron sera-t-il le champion du Trail du Grand-duc?

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Mike Néron lors de sa première participation à une course d’ultra-trail sur le 65 km de l’Ultra-Trail Harricana en septembre 2018 – Photo : Muriel Leclerc (Ultra-Trail Harricana)

Mike Néron est encore un inconnu pour un grand nombre de personnes de la communauté de coureurs en sentier. Pourtant, depuis un an, il cumule les exploits et les podiums, traçant sa voie parmi les élites de la discipline au Québec. Et cette fin de semaine, le dimanche 20 octobre, dans le parc national de la Jacques-Cartier, il pourrait très bien être celui qui remportera la plus longue épreuve du 66 km du Trail du Grand-duc. 

En effet, l’athlète de Lévis a remporté ni plus ni moins, depuis juillet dernier, que le 21 km du Trail du Massif du Sud, le 80 km de la Chute du Diable et le 17,7 km du Défi des 4 versants à Saint-Elzéar, en plus de décrocher une troisième position sur le 80 km du Québec Méga Trail et une deuxième position au 50 km du Trail du Lac Kénogami. 

La compétition dans le sang

Le jeune homme de 27 ans, qui a planté des arbres pendant six ans au Lac-Saint-Jean, ne cache pas son goût pour la compétition. « J’étais un bon planteur, je plantais beaucoup. J’aimais ça être au top. On se donnait beaucoup et ça m’a aidé à développer de l’endurance. On plantait quatre jours par semaine des dizaines d’heures par jour pendant 17 semaines par été. C’était très dur physiquement », explique celui qui estime avoir planté au moins un million d’arbres au cours de sa carrière de planteur.

Aujourd’hui parachutiste dans l’armée canadienne, Mike a eu la piqûre pour la course en sentiers en passant d’abord, étonnamment, par la littérature. « J’ai lu le livre de Joan Roch, et c’est là que j’ai pensé aux ultras. Je trouvais ça incroyable! Ensuite, j’ai lu Grand Trail, Born to Run, Eat and Run. Ça me motivait. Et c’est à ce moment là que mon beau-père m’a inscrit au 65 km de l’Ultra-Trail Harricana et que je n’ai pas eu le choix de passer à l’action! »

Pour sa première compétition de course en sentier à vie, Mike s’est classé 15e parmi un total de 280 coureurs, sur un parcours plutôt compétitif et relevé, avec des athlètes tels que Elliot Cardin, Rémi Leroux et Mathieu Dubé. « J’étais vraiment surpris d’avoir fait un bon temps comme ça. Et c’est là que j’ai compris que j’avais peut-être du potentiel pour me démarquer ». 

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Mike Néron lors du 50 km du Trail du Lac Kénogami, en août 2019, où il a décroché une deuxième position derrière Jean-François Cauchon – Photo : courtoisie

S’il s’entraîne de façon autodidacte, notamment en allant travailler souvent à vélo, il a récemment intégré un nouveau club de course dans le coin de Beaumont. En prévision du Trail du Grand-duc, il a davantage travaillé sa vitesse et les intervalles au cours des dernières semaines et a pris le temps d’aller s’entraîner à plusieurs reprises à Stoneham pour des sorties de plus de 50 km.

« Ce que j’aime, c’est passer des journées dans le bois comme quand je plantais des arbres, découvrir des nouveaux sentiers. Je me sens libre et connecté avec la nature. Je m’évade. C’est devenu une dépendance », confie-t-il humblement.

Le papa d’une fille deux ans et trois mois n’a aucune idée qui sera sur la ligne de départ avec lui au Trail du Grand-duc, mais il n’en donnera pas moins son maximum pour performer au meilleur de ses capacités. Il faut dire que l’événement, qui affiche complet depuis plusieurs semaines, avec 1100 inscrits, ne prévoit pas un fort peloton d’élites, mais on s’attend à y voir des habitués redoutables, tel que Julien Lachance sur le 50 km.

Un événement en forte croissance

Des participants du 10 km lors de l'édition 2018 du Trail du Grand-duc. Les distances de 5 km et 12 km sont les plus populaires de l'événement - Photo : Trail du Grand-duc.
Des participants du 10 km lors de l’édition 2018 du Trail du Grand-duc. Les distances de 5 km et 12 km sont les plus populaires de l’événement – Photo : Trail du Grand-duc.

D’ailleurs, le Trail du Grand-duc fait peau neuve cette année, avec des parcours de 5 km, 12 km, 24 km, 30 km, 50 km ou 66 km qui se retrouvent tous pour la première fois 100 % dans les sentiers du parc national de la Jacques-Cartier. Les deux éditions précédentes, l’événement empruntait également des parcours dans le secteur de Stoneham. 

« Les coureurs des longues distances vont parcourir des sentiers de ski hors piste de raquettes qui ne sont jamais ouverts l’été », explique Mathieu Boucher, directeur de course et chargé de projet chez Défis, qui coordonne l’événement. « Certains vont faire des aller-retour qui vont les amener aux plus beaux points de vue du parc, dans le sentier des Loups et Les Coulées ».

Des changements qui devraient bien entendu ravir les nombreux coureurs qui viennent des quatre coins du Québec et d’aussi loin que Chibougamau, Saguenay et Charlevoix pour participer à l’événement.

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