Deux Québécois viennent à bout du premier Marathon des Sables au Pérou

deschamps sidoun PHOTO CYRIL QUINTARD
Elizabeth Deschamps et Jacques Sidoun à l’arrivée de leur Marathon des Sables – Photo : Cyril Quintard

Deux Montréalais, Elizabeth Deschamps et Jacques Sidoun, ont franchi la ligne d’arrivée de la première édition de la version péruvienne du Marathon des sables (MDS) après un effort de près de 250 kilomètres, pendant 7 jours, en autosuffisance alimentaire, dans le désert d’Ica et ses décors grandioses.

Le Marathon des sables au Pérou, c’est des montagnes de dunes géantes à perte de vue, puis brusquement des falaises surplombant les eaux froides du Pacifique. Un désert où air, terre et mer viennent s’entrechoquer.

Malgré des conditions parfois délicates – couacs logistiques, tempêtes de sable et nuits fraîches notamment – 222 participants ont terminé l’épreuve sur 282 inscrits venus de 40  pays.

Jacques Sidoun termine 75e

Avec son dossard n°6, Jacques Sidoun ne s’est jamais départi de son large sourire. Comblé par la somptuosité des lieux, ce commercial de 48 ans s’est classé 75e après 39 h 53 min d’efforts. Il a vécu une semaine idyllique.

« L’étape longue (68,4 km) était superbe, a-t-il raconté à Distances+. Le moment le plus incroyable reste la découverte du Pacifique au sommet d’une dune vers le 50e kilomètre. Quelle claque ! Le contraste entre le désert et la mer était saisissant. Je ne pensais pas pouvoir voir et vivre tout cela ici. Le spectacle m’a donné des frissons. J’ai vécu une aventure extraordinaire. Ce qui m’a plu aussi, c’est d’être un pionnier, de découvrir les paysages par moi-même et non au travers d’articles ou de vidéos sur Internet. »

Jacques Sidoun est allé au bout du Marathon des Sables au Pérou / Photo: Cyril Quintard
Jacques Sidoun est allé au bout du Marathon des Sables au Pérou / Photo: Cyril Quintard

Elizabeth Deschamps termine 27e

Un peu plus loin sur le bivouac, Elizabeth Deschamps, 57 ans, est venue retrouver en Amérique du Sud d’anciens compagnons d’aventures devenus des amis. Elle y a trouvé « tout ce qu’elle était venue chercher : une course d’un gros calibre, des rencontres et l’immensité du désert ».

Si, comme un certain nombre de concurrents, la Québécoise a regretté plusieurs dysfonctionnements concernant l’organisation, comme le manque de communication avec les coureurs les premiers jours et le montage et démontage quotidien des tentes pour chaque coureur, pas forcément pratique avec un vent pouvant atteindre 80 km/h, l’experte en stratégie d’entreprises en a pris plein les yeux. « Le choc des vagues du Pacifique sur le désert, c’est extraordinaire, insiste-t-elle, elle aussi. Ces dunes qui se jettent dans l’océan, on ne voit ça nulle part ailleurs. »

Abandon de Mickaël Preti

Alors qu’il courait en Huaraches (sandales de course), un autre Québécois, Mickaël Preti, 33 ans, de Québec, a lui été contraint à l’abandon dès le deuxième jour sur avis médical. « J’ai dû arrêter la course suite à des problèmes d’ampoules, mais aussi et surtout à cause d’une déshydratation ayant provoqué une insuffisance rénale qui n’était pas sans risque, explique-t-il. Le contraste climatique et la différence de terrain m’ont dépassé. J’ai négligé deux choses, la chaleur et le sable». Si le coureur, légitimement déçu, a affirmé à chaud ne jamais s’aligner deux fois sur une même course, il n’exclut pas de se laisser tenter une nouvelle fois sur celle-ci. Histoire, peut-être, de venir à bout de cette belle traversée du désert.

Quand les dunes de sables rencontrent l'océan Pacifique / Photo: Cyril Quintard
Quand les dunes de sables rencontrent l’océan Pacifique / Photo: Cyril Quintard

Rachid El Morabity intouchable

Quintuple vainqueur de la version saharienne du Marathon des Sables, chez lui (2011, 2014, 2015, 2016, 2017), le Marocain Rachid El Morabity, 35 ans, était attendu sur un nouveau terrain de jeu. Arrivé à Nasca quelques heures seulement avant le départ donné près de splendides vestiges archéologiques, le favori, peut-être inspiré par les incantations d’un chamane local venu bénir la course, a bouclé son aventure sud-américaine en 21 h 35 min, loin devant le Péruvien Aldo Ramirez, deuxième à plus de deux heures.

« Je suis très content de retrouver les amis du MDS ici, c’était vraiment une très belle aventure, s’est enthousiasmé le coureur de Zagora. Les dunes et le sable sont différents du Maroc, mais j’ai partagé de beaux moments sur le bivouac avec les autres concurrents. »

La déception était en revanche lisible sur le visage du Péruvien Remigio Huama Quispe, 33 ans, censé talonner le Marocain. Il s’est classé seulement 5e du classement général en 24 h 16 min après avoir écopé d’une pénalité de deux heures en raison d’un contrôle de sac non conforme en fin de quatrième étape (nourriture insuffisante). Le récent vainqueur du Demi-Marathon des Sables à Fuerteventura aux Canaries a certes franchi l’ultime ligne d’arrivée main dans la main avec son rival africain, mais il était en pleurs…

Première victoire au MDS pour Nathalie Mauclair

Chez les femmes, la Française Nathalie Mauclair (47 ans) a dominé l’épreuve de bout en bout. Déjà victorieuse des plus grandes courses d’ultra-trail de la planète (UTMB, Grand Raid de la Réunion, Championnats du monde de trail), la Mancelle a signé sa toute première victoire sur un MDS, après deux deuxièmes places au Maroc (2016, 2017). Une belle satisfaction pour la coureuse du Team France, victorieuse de chacune des étapes, 7e temps au scratch (25 h 55  min et elle aussi subjuguée par la grandeur du décor. « Je savais que je pouvais faire une bonne performance ici, voire entrer dans le top 10. Là, je suis septième, j’en suis très fière. C’était une belle semaine hors du temps, hors de la réalité. Quelle chance nous avons eue d’être là ! »

222 coureurs sont parvenus à traverser le désert d'Ica au Pérou / Photo: Cyril Quintard
222 coureurs sont parvenus à traverser le désert d’Ica au Pérou / Photo: Cyril Quintard

Résultats du Marathon des Sables au Pérou:

HOMMES

1. Rachid EL MORABITY(MAR) 21 h 35 min
2. Aldo RAMIREZ (PER) 23 h 39 min
3. Erik CLAVERY (FRA) 23 h 50 min
4. Julien CHORIER (FRA) 24 h 00min
5. Remigio HUAMAN QUISPE (PER) 24 h 16 min

68. Jacques SIDOUN (CAN) 39 h 53

FEMMES

1. Nathalie MAUCLAIR (FRA) 25 h 55 min
2. Mélanie ROUSSET (FRA) 29h29 min
3. Rocio CARRION (PER) 32h17 min
4. Aydee SOTO QUISPE (PER) 33h52 min
5. Renee ROMERO SAYRITUPAC (PER) 33h 55 min

27. Elizabeth DESCHAMPS (CAN) 50 h 16 min