Le périple de Gaurav Madan entre Québec et Montréal : 375 km et beaucoup de souffrance

Gaurav_Madan_Sainte-Croix
Photo : courtoisie

Gaurav Madan a réussi le pari de courir, seul, 375 km en cinq jours, entre Québec et Montréal. Le doctorant de l’UQAM, originaire d’Inde, voulait ainsi rendre un hommage à la ville de Montréal pour son 375e anniversaire.

Parler de « courage » serait un euphémisme pour qualifier ce défi. La distance à parcourir et les éléments à surmonter – une partie du Québec était inondée – n’ont cependant pas eu raison du coureur né à New Delhi qui, malgré les ampoules et les douleurs, n’a pas abandonné.

De la pluie et encore de la pluie

L’aventure a débuté devant l’Assemblée nationale, le 12 mai à 4 h du matin. « Le ciel était nuageux quand je suis parti. À partir de Lévis, il s’est mis à pleuvoir sans arrêt. En arrivant à Sainte-Croix, après soixante kilomètres, j’avais déjà quatre ampoules ! Il fallait encore faire une vingtaine de kilomètres pour finir ma course à Parisville », raconte Gaurav.

Même s’il l’aurait bien voulu, il n’a pas pu prolonger sa pause pour soigner ses pieds. « Je me suis levé à 7 h 30 du matin, plus tard que prévu. J’avais tellement mal aux pieds que je n’ai pas bien dormi », précise celui qui devait courir, dans la journée, 50 km jusqu’à Bécancour.

Gaurav_Madan_Sorel
Photo : courtoisie

Connaître la souffrance

« C’était le jour le plus difficile de ma vie », dit-il. En venant au Québec, le Delhiite ne se doutait sûrement pas qu’il y vivrait une journée éprouvante, sur une portion de 80 km qui relie Bécancour à Sorel. « Toute la section était inondée… il y avait des animaux morts partout, explique-t-il avec regret. J’étais physiquement et mentalement épuisé. »

Avant d’arriver à Sorel, les douleurs et les ampoules ‘ont contraint à une halte dans un restaurant, afin d’y recharger ses batteries et celle de son téléphone. « Je commande une poutine et je m’installe sur une table à l’abri des regards. En voyant mes ampoules de sang, la serveuse me demande si j’ai besoin d’aide. Je lui dis que j’ai besoin d’une aiguille. Comme elle n’en avait pas, alors j’ai sorti mon couteau et j’ai percé mes ampoules. Il y avait du sang partout. J’ai ensuite perdu connaissance. Pendant ce temps, ma poutine refroidissait! », plaisante-t-il malgré tous ces douloureux souvenirs.

Abandonner?

Gaurav a été quelque peu tenté par l’abandon. « Les gens chez qui je logeais à Sorel m’ont proposé de me conduire jusqu’à Boucherville, fait-il savoir. J’ai pensé que mes douleurs seraient abrégées. »

La décision d’abandonner le hantera toute la nuit, à tel point qu’il ne fermera l’œil qu’à 5 h du matin, pendant une heure. « Dès le départ, je me suis dit que si j’arrivais jusqu’à Boucherville, j’étais sûr de réussir mon défi. En plus, je restais chez un ami dont la mère m’avait promis de me faire de la bonne cuisine », se souvient l’ultramarathonien.

Le 16 mai, dernier jour du périple, le néo-Montréalais a eu plus de 80 km à arpenter pour se rendre dans le Vieux-Port. « Mon objectif était d’atteindre le parc du Mont-Royal à 20 h. J’y étais pratiquement une demi-heure avant. Je suis finalement arrivé au Vieux-Port, ma destination finale, précisément à 20 h 28… et je me suis effondré d’épuisement, ajoute-t-il. J’avais exactement couru 375 km. »

S’il a pensé renoncer? « J’ai voulu abandonner à Sorel. À ce moment, on cherche des raisons de continuer. Ma mère est décédée en 2008. Je me suis dit que je devais terminer pour elle », conclut-il.


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