Emmanuelle Dudon revient à la compétition en affrontant 134 km de désert

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Emmanuelle au Raid d’Oman en 2010 / Photo : Cyril Bussat

L’une des pionnières des courses de longue distance au Québec, Emmanuelle Dudon, 47 ans, se prépare pour l’Ultra-Trail de la Plage Blanche, une course « hors circuit » de 134 km se déroulant cette fin de semaine au Maroc. Il s’agit d’un retour à l’ultramarathon pour cette coureuse spécialisée dans les courses par étapes, qui était en trêve des courses organisées depuis quelques années.

Qui a entendu parler de l’Ultra-Trail de la Plage Blanche? Personne, ou presque. Il s’agit d’une première édition de cette course en autosuffisance quasi complète, sans signalisation, sans classement et à laquelle ne participent que ceux qui y ont été spécialement invités. Ils ne seront donc qu’une vingtaine de coureurs des quatre coins de la planète, « une gang tricotée serrée », des adeptes du Marathon des Sables et véritables « baroudeurs du désert », explique Emmanuelle à Distances+, de sa chambre d’hôtel à Agadir.

Le départ de la course se donnera dimanche matin, 30 avril à 9 h, de Tafnidilt, à l’extrême sud du Maroc. Les coureurs auront jusqu’au lendemain à minuit, soit 39 heures, pour se rendre à Bou-Jerit, un peu plus au nord, en passant par une longue section de 40 km sur le bord de l’Atlantique, sur la plage. Emmanuelle prévoit compléter l’épreuve en 35 heures.

« Ça fait longtemps que j’ai fait un ultra » confie la coureuse d’expérience, visiblement fébrile. « Mais c’est surtout l’orientation qui me fait un peu peur. Ce n’est pas si facile que ça de s’orienter quand il n’y a pas de sentiers! », s’inquiète Emmanuelle. Si elle a été invitée à cet événement « privé », c’est qu’elle connaissait bien Cécile Bertin, une bonne amie de l’organisateur de la course, Cyrus Parvine. Cécile est une coureuse et journaliste très connue en France et à l’international.

Une passion découverte tardivement

Emmanuelle est elle-même un phénomène bien connu à Rivière-du-Loup, où elle a habité presque 20 ans, avant de déménager à Montréal, en 2016. Orthopédiste spécialiste du système musculo-squelettique, mère de trois grandes filles, elle s’est qualifiée par le passé aux championnats mondiaux de 24 h de course à pied et cumule de nombreuses participations à des courses d’endurance à l’étranger.

« J’ai commencé à courir sur le tard, après avoir accouché de ma première fille, à 30 ans. J’ai décidé de faire mon premier marathon six mois après », se souvient-elle. « Après ça, je suis devenue accro. Tout a déboulé ». Premier ultra en 2006, première course à étapes en Mauritanie, beaucoup de courses à étapes et en autosuffisance par la suite en France, Bolivie, en Afrique, en Suisse, aux États-Unis.

Photo: Courtoisie
Emmanuelle lors de son séjour en Martinique en 2015 – Photo: Courtoisie

Une pause obligée

Emmanuelle a cependant fait une pause, depuis un an et demi. « Le déménagement à Montréal ne s’est pas tout à fait déroulé comme prévu », se doit-elle d’admettre. En effet, des changements législatifs adoptés récemment l’empêche de pouvoir exercer son métier d’orthopédiste dans sa nouvelle ville. Idem pour son conjoint, qui exerce le même métier. « On s’est réorientés, mais ce n’est pas une situation idéale, et ça a créé un gros stress », dit la coureuse qui a ainsi mis une grosse parenthèse sur la compétition depuis 2015.

« J’avais très envie de participer à des événements, mais on était littéralement en mode survie. Je n’avais pas l’énergie mentale pour aller me rajouter un autre défi et aller me faire mal », explique l’athlète, qui fait remarquer que les courses se complètent sur une période de six à dix jours en moyenne, ce qui représente un grand investissement de temps. « Ce n’est pas comme un 100 miles, qu’on peut souvent placer sur un weekend ».

La course a donc davantage occupé une fonction de détente et de défoulement dans le quotidien d’Emmanuelle. « Une chance que j’avais la course dans ma vie », confie-t-elle. Si elle a accepté de participer à cette épreuve au Maroc, c’est donc bien en raison de l’aspect très amical et non compétitif de l’événement. Son séjour au Maroc représente d’ailleurs ses premières « vraies » vacances depuis deux ans.

Nul doute que nous aurons cependant de nouvelles occasion d’entendre parler d’elle, à son retour plus officiel à la course.


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