Emmanuelle Dudon tente sa revanche sur l’Ultra-Trail de la plage blanche

Emmanuelle Dudon
Emmanuelle Dudon en action dans son terrain de jeu préféré – Photo : courtoisie

C’est cette fin de semaine qu’Emmanuelle Dudon tente de prendre sa revanche sur l’Ultra-Trail de la plage blanche, un parcours de 130 km dans le désert marocain. La passionnée de course dans le désert avait été contrainte d’abandonner sur ce même parcours l’an dernier après avoir déchiré ses souliers.

À quelques heures de son départ pour Agadir au Maroc, Emmanuelle anticipait donc la course avec fébrilité. « C’est ma première de la saison. Pour moi, c’est une course de type entraînement. J’y vais sans pression, pour avoir du plaisir et y retrouver des amis », explique-t-elle.

Sa participation à l’Ultra-Trail de la plage blanche, en 2017, avait été une forme de renaissance, après une longue période de pause due à une blessure et deux années difficiles au niveau professionnel. « C’est une toute petite course, une petite organisation, mais qui m’a permis de me faire plusieurs amis. J’ai une attirance pour la course dans le désert, pour le vide du désert. J’en ai d’ailleurs fait dans plusieurs pays dont Oman et la Bolivie ».

Cette année, elle espère compléter l’épreuve avec un temps d’environ 24 heures. « Ce n’est pas une course rapide puisque la surface est constituée de sable très mou. Par contre, il y a relativement peu de dénivelé positif », précise-t-elle.

Les défis de l’alimentation

L’Ultra-Trail de la plage blanche se réalise en autosuffisance alimentaire et chaque coureur est équipé d’une balise GPS pour s’orienter dans l’environnement désertique. « Habituellement, je ne suis pas très pointilleuse sur la préparation du matériel de ce genre d’événement et j’ai tendance à reproduire les mêmes erreurs à l’infini », rigole-t-elle.

Son principal défi, dans tous les ultras, demeure l’alimentation. « Je mange très peu durant mes courses. La consigne est d’avoir sur soi l’équivalent de 4000 calories par jour, mais ce n’est pas réaliste dans mon cas. Je suis toujours en déficit calorique dans mes courses. Heureusement, le corps possède assez de réserve pour fonctionner 24 heures, même si ce n’est pas idéal, bien entendu », affirme-t-elle.

Alors qu’au Québec l’hiver vient à peine de céder le pas au printemps, elle se retrouvera subitement plongée dans des températures beaucoup plus chaudes. « Ce n’est pas une chaleur humide, mais au milieu des dunes, avec la réverbération, une température de 25 degrés apparait beaucoup plus chaude », précise Emmanuelle. « Mais honnêtement, ce n’est pas problématique, je tolère bien la chaleur. »

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Emmanuelle Dudon en pause sur un ultramarathon dans le désert – Photo: Courtoisie

En route pour le Moab 200

L’Ultra-Trail de la plage blanche, comme tous les événements qui seront au programme d’Emmanuelle cette année, s’inscrit dans sa préparation pour le Moab 200, qui aura lieu en octobre 2018. Cette course de 240 miles (386 km) en Utah représentera son plus gros défi à vie.

Pour se préparer adéquatement, elle a sélectionné quelques courses pour les prochains mois. « Je travaille 80 heures par semaine et j’ai trois enfants. Je n’ai pas le temps de faire 150 km par semaine d’entraînement comme certains . C’est pourquoi je vais saupoudrer dans mon entraînement quelques courses entre 110 et 120 km où je vais miser sur le dénivelé positif et le transport de charges », explique la chirurgienne orthopédique.

« Je suis également une cycliste et une nageuse, deux sports qui permettent de faire du volume sans impact. Le problème, c’est de trouver le temps pour tout faire », se désole-t-elle. « C’est toujours plus simple pour moi de mettre mes souliers et courir. »

Au mois d’août, Emmanuelle doit participer à l’Ultratour des 4 massifs dans la région de Grenoble en France. Cette fois, elle optera pour la formule par étape sur quatre jours. « Je vais devoir dormir un peu, puis repartir le lendemain matin avec de la douleur dans tout le corps. »

Avec l’âge, Emmanuelle se considère beaucoup plus zen. « Avant j’étais beaucoup plus compétitive. Maintenant, je suis en mesure reconnaître les signes de fatigue et ralentir lorsqu’il le faut. La réalité est que la récupération prend simplement plus de temps en vieillissant », explique l’athlète de 49 ans.

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