Anne Bouchard : la saison de la patience… et de l’UTMB!

ANNE BOUCHARD SAISON 2018
Anne Bouchard à l’Ultra-Trail Harricana du Canada – Photo : Annie Jean

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Après avoir couru son tout premier 100 miles en 2017, Anne Bouchard se prépare à un autre défi de taille : l’Ultra-Trail du Mont-Blanc et ses 10 000 m de dénivelé. Déterminée à compléter cette course mythique, elle compte tout mettre en œuvre pour y parvenir, en jonglant avec ses responsabilités familiales et professionnelles, et une convalescence.

Anne repart presque de zéro, parce qu’elle a subi une chirurgie à l’abdomen en décembre. Elle est ensuite restée cinq semaines partiellement alitée sur le dos, mais elle a déjà repris l’entraînement. « Ça va super bien, se félicite-t-elle. Je marche, je cours même présentement, mais je dois vraiment y aller très progressivement. » Elle a d’ailleurs conscience que les prochains mois devront impérativement être « tranquilles ».

Une blessure avait également perturbé son début de saison l’année dernière, mais la disparition des symptômes, une semaine avant l’Ultra-Trail du Mont-Albert, avait changé la donne. Elle avait remporté la course de 100 km, dans la tempête, avec des rafales de vent soufflant à 100 km/h sur les deux derniers sommets.

Puis, autre moment fort de 2017, elle a gagné le 160 km du Bromont Ultra cet automne. « Je ne m’attendais pas à ça, » a-t-elle confié à Distances+, en soulignant qu’elle s’était quand même donné les moyens en travaillant fort à l’entraînement. « Je ne fais pas les courses pour les gagner, je les fais pour les terminer, a tout de même tenu à préciser Anne. Il y a tellement de facteurs que tu ne contrôles pas que je ne prédis rien. »

En route vers l’UTMB

Sa sélection à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, en janvier, a été une belle surprise. « Je suis super contente parce que cette course est merveilleuse, s’enthousiasme-t-elle. Je suis allée sur la CCC en 2016 et j’ai vraiment aimé l’énergie de cet événement. Pour moi c’est le sommet mondial du trail running. L’organisation est magnifique, tout est merveilleux, ça coule. »

Le dénivelé de l’UTMB représentera un gros défi. « Dans la vie, je ne suis pas une athlète, je suis une mère, une professionnelle, je cours pour le plaisir et j’habite à Montréal, dit Anne Bouchard. C’est quand même une gestion incroyable que de trouver (dans les environs) du dénivelé pour s’entraîner pendant des heures. Je vais le faire au mieux de toutes les contraintes de ma vie. »

Comme l’UTMB est son objectif premier de la saison, toutes les autres courses seront sélectionnées en fonction de son programme d’entraînement global. « Je vais faire du très long, mais comme je veux travailler en vitesse, je vais aussi faire du très court. Je dois regarder ce qui se place bien dans mon cycle d’entraînement pour aller chercher les composantes physiques que je veux travailler. Je n’ai pas encore arrêté mon choix. »

Anne Bouchard lors du Zion 100 2017 / Photo : courtoisie
Anne Bouchard lors du Zion 100 2017 – Photo : courtoisie

Nouvelle stratégie d’entraînement

Après avoir longtemps bénéficié des conseils d’Hélène Dumais comme préparatrice physique, elle a souhaité changer de formule cette année. « Je quitte la globalité pour aller chercher quelque chose de plus spécifique, pour améliorer certaines choses. Il va y avoir beaucoup de renforcement musculaire en raison de ma chirurgie. Il faut se rappeler que j’ai 43 ans, on est plus dans le maintien que dans le développement. »

Avec son horaire chargé, c’est souvent le matin, à l’aube, qu’elle trouve le temps d’aller courir. « Il y a des journées où ça va super bien et, comme tout être humain, il y en a d’autres où je me lève et ça ne me tente pas, reconnaît-elle. Mais généralement, après une vingtaine de minutes dans mes souliers de course, les endorphines font bien leur travail. »

Sa seule pause de la semaine est le lundi. Elle fait une journée de travail de 12 heures à la place. « Même dans cette journée d’arrêt, la course me manque, c’est comme essentiel pour être performant, observe-t-elle. Les matins où je vais courir, je commence ma journée de travail tellement pleine d’énergie… »

Conciliation travail-famille-entraînement

La conciliation travail-famille-entraînement est un sacré défi pour Anne. « C’est le grand défi du conjoint et des enfants et du travail, dit-elle. Mes enfants ont leur réalité, ils grandissent. Ma fille intègre un sport élite et ça me demande beaucoup plus d’engagements. Je dois la reconduire, aller la chercher à l’école. Gérer les nouvelles réalités familiales m’oblige à revoir tout mon horaire cette année. »

Cette nouvelle réalité n’a pas que des inconvénients et Anne prend cela positivement. « Ça va super bien, assure-t-elle. Avec cette pause due à ma chirurgie, mon conjoint et moi on a revu notre horaire pour que ça soit efficace, synergique et qu’on ne s’épuise pas à essayer de tout faire. Le focus, c’est de remplacer la quantité par la qualité. »

Ça tombe bien, question qualité, l’UTMB est considérée comme l’une des plus belles courses en sentier au monde.