Alister Gardner : la saison de la maturité

Alister Gardner au sommet du Pic de l'ours - Photo : Michel Caron pour Five Peaks Quebec
Alister Gardner au sommet du Pic de l’ours – Photo : Michel Caron pour Five Peaks Quebec

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S’il concède avec humour devenir un « vieux coureur » du haut de ses 37 ans, Alister Gardner conserve une motivation intacte à l’aube d’attaquer une saison 2018 dense, qui devrait s’achever le 19 novembre prochain par un marathon. Comme à son habitude, le coureur de Bromont sera en effet au départ à la fois de courses en sentier et de courses sur route.

L’année 2017 aura été une saison particulière pour Alister.

D’abord, parce qu’il a multiplié les sorties avec deux nouveaux partenaires d’entraînement de la génération montante. Des athlètes qui l’ont mis au défi : Elliot Cardin, 25 ans, vainqueur deux années de suite du 55 km de Bromont Ultra et nouveau membre du Team Salomon Québec ; et Alexis Lussier, 20 ans, qui a entre autres couru le 5 km de Granby en 16 min 56 l’automne dernier.

« M’entraîner avec eux a changé ma dynamique de travail, a expliqué Alister à Distances+. Ça donne une super énergie de travailler avec des jeunes aussi motivés que moi. J’ai pu explorer de nouveaux sentiers, tester de nouvelles choses… On se fait des petits défis entre nous. » Il continuera donc de courir avec Elliot et Alexis.

Ensuite, parce que son année a été marquée par plusieurs abandons en milieu d’année, avant de finir sur une grande victoire au 160 km du Bromont Ultra, en 21 h 43.

Une vingtaine d’épreuves au programme cette saison

Alister Gardner s’alignera cette saison sur une vingtaine d’épreuves, dont la Transvulcania aux îles Canaries en mai (74 km, 8400 m D+), le nouveau 100 km du Québec Méga Trail en juin (5000 m D+), la CCC à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en septembre (101 km, 6100 m de D+) ou encore le Marathon de Philadelphie dans l’État de la Pennsylvanie aux États-Unis, en  novembre.

« J’ai pas mal de 5 et de 10 km programmés en début de saison » précise-t-il, avec par exemple La Marche Populaire de Lasalle en mars (5 km), le Réveil du Coureur en avril (5 km) ou le 10 km du Marathon des Érables en avril. Des distances sur lesquelles il est impossible de faire l’impasse avant de voir plus long selon lui. « Si je veux être rapide sur marathon, il faut que je le sois sur le demi-marathon. Et si je veux être bon sur le demi, il faut que je sois performant sur le 10 km. Et pour l’être sur le 10, je dois être compétitif sur le 5 km… donc sur 1000 m… »

Alister Gardner et ses partenaires d'entraînement - Photo : Alister Gardner
Alister Gardner et ses partenaires d’entraînement – Photo : Alister Gardner

Lever à 5 h 20 pour les séances de renforcement musculaire

Son premier bloc d’entraînement a débuté en décembre. Il est constitué d’un gros travail de vitesse avec beaucoup d’entraînement par intervalle sur courtes distances effectué sur tapis roulant, plus simple à utiliser lorsque la météo québécoise se montre défavorable.

« Je fais beaucoup de blocs de 300 m, 500 m, 1000 m sur tapis en ce moment. Aux mois de mars-avril, je transpose ces exercices sur la piste, explique-t-il. Mon objectif, c’est de passer la première partie de la saison à travailler sur la vitesse. Ce travail me permettra d’être performant sur mes marathons de fin de saison. »

En plus du travail de la course, Alister Gardner s’emploie à effectuer de bonnes sessions de renforcement musculaire, en prévention des blessures. « À moins d’être né athlète ou d’avoir toujours fait de la course en sentier, votre corps n’est physiquement pas préparé à ce genre d’efforts, selon lui. Je me suis beaucoup blessé lorsque j’ai commencé la course à pied et la course en sentier. Depuis deux ans, je fais ce travail de renforcement musculaire quatre à cinq fois par semaine. Je me lève à 5 h 20, je suis à la salle pendant une heure, et je fais des squats ou du bench press, et quelques étirements. Après le souper en général, je mets Netflix et je fais une bonne séance d’étirements. C’est très bénéfique. »

Si le coureur végétalien parcourt en moyenne 90 km par semaine pendant l’hiver, il augmentera progressivement la distance pour arriver à 150 km avant la CCC, puis le Marathon de Philadelphie qui clôturera sa saison 2018, qu’il ne souhaite pas résumer à une suite de courses.

« Une belle saison, ce n’est pas juste une question de compétitions, assure-t-il. C’est aussi vivre et partager de nouvelles aventures entre amis. Ma plus belle aventure en 2017 a été un long week-end de course dans les Montagnes Blanches avec des amis, ma conjointe et les chiens. Après avoir dépassé nos limites ensemble sur les sentiers, on a terminé par une journée relaxe de kayak sur la rivière et on a partagé ensemble des super moments. Je vis pour les voyages, la bière et les blagues. Si on est uniquement concentré sur la course ou la compétition, cela ne génère que du stress. Le fun c’est important! »